EVENEMENT TAE’THIR – PROGRAMME
L’évènement est accueilli par trois lieux du centre de Marseille :
- La Fabulerie (10 boulevard Garibaldi)
- L’Atelier Rafale (5 rue Pastoret)
- Le Plan de A à Z (117 La Canebière)
Les œuvres, réparties entre ces trois lieux, sont toutes accessibles en déambulation libre au long de l’évènement (04 et 05 juillet de 14h à 18h), indépendamment du programme ci dessous.
VENDREDI 3 JUILLET
18h – 20h – Plan de A à Z
Vernissage de l’exposition « Rak Bent (You are a girl) » en présence de l’artiste Asmaa Bashashah
Mots d’ouverture
SAMEDI 4 JUILLET
14h – La Fabulerie
Vernissage de 4 installations en présence des artistes
- « Lost.dir » (Jeu vidéo)- Yanis Ratbi
- « Y’à ça chez nous ? » (Podcast)- Nawal Benali
- « Dhakkir » (Installation multimédia) – Zeineb Ghorbel
- « Polyphonie fragmentées : mémoire des femmes en exil » (Installation multimédia) – Aya Chriki
15h15 – La Fabulerie
Projection de 2 films (40’)
- « Jusqu’à ce que nous nous retrouvions » d’Ahmed Essam
- « Ethnographie de la tristesse » de Nabil Aniss
Suivi d’une conversation avec Ahmed Essam – Vanessa Abdelaal– Yanis Ratbi : « L’image comme un espace d’enquête, de rupture et de reconfiguration »
16h45 – Atelier Rafale
Vernissage de 4 installations en présence des artistes
- « Anthropomorphic City » (Installation vidéo) – Vanessa Abdelaal
- « The People of Wad Shaaba -Craft, Place and Place » (Sculpture et installations) – Khalid Bouaalam
- « Unshipped » (Structure mobile) – Olga Souvermezoglou
- « A la recherche du reste du pays » (Photographie) – Youcef Senous
19h – La Fabulerie
Al-Bayan – Spectacle performé (45’) – Rap, composition électronique, images) par Dana Younes
DIMANCHE 5 JUILLET
14h – Ouverture des portes (Fabulerie – Atelier Rafale – Plan de A à Z)
14h15 – La Fabulerie
Projection du film « Habiter les langues, résister aux silences » (30’) par Olfa Bouargoub
Suivie d’une conversation avec Aya Chriki et Olfa Bouargoub : « Entre deux rives, voix singulière pour récit collectif »
15h30 – La Fabulerie
Projection du film « Your Life is a career »(12′) d’Ahmed Merzagui
Suivie d’une conversation avec Ahmed Merzagui, Zeineb Ghorbel et Olga Soumervezoglou : « Mémoire des luttes sociales »
16h30 – 18h – La Fabulerie
Présentation de 2 plateformes en ligne (un fanzine, une revue)
- « Comme nous brûlons » (Revue littéraire et plateforme en ligne) – Sihem Benmina
- « Sirdab » (fanzine numérique) – Sireen El Araj
Suivie d’une conversation avec Sihem Benmina, Sireen El Araj, Nawal Benali : Voix en libre accès, créer et diffuser hors circuits
L’évènement
16 artistes et créateur.ice.s de contenus, en provenance d’Algérie, d’Égypte, de France, de Grèce, du Liban, de Libye, du Maroc, de Palestine et de Tunisie, vous invitent à deux journées de rencontres et de découvertes, porté.e.s par une même ambition : interroger la complexité de politique et du social par le langage artistique. Cet évènement s’inscrit dans le cadre du projet Tae’thir et intervient dans un contexte de recul des droits humains et de rétrécissement croissant des libertés d’expression et de création. Incarné par les jeunes générations, il explore les intersections entre l’art et la création de contenus et les droits humains.
Les artistes, par lieu : à la Fabulerie
‘Polyphonie fragmentées : Mémoires des femmes en exil » – Aya CHRIKI
Ce projet d’installation artistique mêle vidéos, images, visuels et documents pour explorer les expériences d’exil de femmes arabes entre la France et l’Égypte. À partir de témoignages personnels et collectifs,il construit une mémoire fragmentée où chaque récit, voix singulière, raconte une expérience individuelle, mais qui, ensemble, tisse une histoire collective. Cette polyphonie cherche à visualiser et à comprendre les tensions entre identité, appartenance et déplacement. Pensé comme une archive vivante, le projet affirme la nécessité de rendre visibles et audibles des récits souvent marginalisés.
« Jusqu’à que nous nous retrouvions » – Ahmed ESSAM
Ahmed et Hussein, deux jeunes cinéastes d’Alexandrie (Egypte), étaient liés par une profonde amitié forgée par leur amour du cinéma et leurs longues conversations sur l’art et la politique. En janvier 2024, Hussein a été arrêté pour des raisons politiques sur la base de fausses accusations. Depuis lors, Ahmed lui envoie des cassettes audio contenant des sons et des bribes de vie à l’extérieur, tandis que Hussein lui répond par des lettres manuscrites depuis sa cellule. Grâce à cet échange secret, ils entretiennent leur amitié malgré les murs qui les séparent.
« Al Bayan » – Dana YOUNES
« »Al Bayan » est un spectacle en arabe, né du parcours émotionnel et politique que je traverse depuis 2023. « Al Bayan » signifie “la déclaration”, l’acte de créer par les mots, à la fois poétique et politique. Au premier niveau la voix, la mienne, inspirée par le rap et le slam, j’apporte une poésie où coexistent urgence et vulnérabilité, où l’intime rencontre la mémoire collective. Des projections de paysages du sud du Liban accompagnent la scène. Ciels, horizons, fragments de terre retiennent ce qui pourrait disparaître. Plus que des illustrations, ce sont des résistances contre l’effacement. »
« Comme nous brûlons » – Sihem BENMINA
Comme nous brûlons est une revue de littérature contemporaine métèque, fondée à Marseille en 2024. Elle est accompagnée d’un site web où sont accueillis certains textes des auteur·rice·s non retenu·e·s par notre comité de lecture pour la revue papier ou découverts dans le cadre de nos scènes ouvertes. Cet espace éditorial alternatif propose des textes, mais également des images et des formats audios. Cette plateforme a été imaginé par Sihem Benmina, directrice éditoriale de CNBL et Anne-Sarah Huet, écrivaine et chercheuse indépendante, grâce à l’expertise de cette dernière sur la théorie du choix social.
« Lost.dir » – Yanis RATBI
Installation artistique qui utilise le jeu vidéo pour explorer des fragments de mémoire de l’immigration nord-africaine en France, des années 1960 à 2000. Le spectateur y joue un rituel de (ré)activation mémorielle, parcourant un archipel brumeux où se trouve les tombeaux d’histoires oubliées (ou en cours d’oubli…). En prenant part au rituel, les noms s’illuminent, surgissent, reprennent place dans les esprits. Le clic devient un acte d’attention, une veille, une réparation symbolique de ce lost.dir.
« Y’a ça chez nous? » – Nawal BENALI
Ce podcast a pour vocation de déconstruire et analyser les dynamiques de racisme anti-Noir propres à l’Afrique du Nord et ses diasporas. Comment se fait-il que des Africains discriminent aussi facilement d’autres Africains et qu’est-ce que ce biais discriminatoire traduit en réalité ? Quels sont les faits historiques de la région Nord du continent ayant mené à une fracture, imaginaire dans les faits, réelle dans les esprits entre une Afrique « blanche » et une autre qui serait « noire », et quels sont les faits politiques et sociaux entretenant cet imaginaire ?
« Dhakkir » – Zeineb GHORBEL
Le titre Dhakkir s’enracine dans une expression coranique qui en éclaire la portée :« Rappelle, car le rappel est utile aux croyants. » Cette injonction désigne un processus actif par lequel une communauté maintient vivante la continuité de son expérience. Le rappel n’ est pas un geste de nostalgie, mais un acte de présence : une manière de réactiver ce qui fonde le collectif et de se tenir contre l’oubli.
« Your Life is a career – The Boutefteens » – Ahmed MERZAGUI
« Your Life Is A Career (Votre Vie est une Carrière) » est une immersion visuelle et sonore au cœur d’une fracture générationnelle qui traverse l’Algérie contemporaine. À partir d’archives, d’images documentaires, d’animations, de fragments du quotidien et de créations audiovisuelles hybrides, le film met en dialogue deux générations façonnées par des contextes radicalement différents. L’une porte encore l’empreinte d’un passé chargé de violence et de silence, une mémoire fragmentée qui continue d’habiter les corps et les regards.
« Diwan du dernier majdhub » – Nabil ANISS
« Diwan du dernier majdhūb » (2026), de Nabil Aniss (Maroc), est un essai vidéo à dimension mystique tourné à Marrakech avec Ba Hmad, l’un des derniers maâlems (maîtres musiciens) encore vivants de la confrérie gnaoua. Le film s’intéresse à la disparition progressive de formes de savoir rituelles dites hétérodoxes — c’est-à-dire situées en marge de l’orthodoxie religieuse dominante — sous l’effet combiné des politiques néolibérales de l’État et des dynamiques de normalisation religieuse au Maroc.Au cœur du film se trouve la figure du majdhūb, mystique errant dont le corps devient le vecteur d’un savoir transmis par les rituels confrériques. À travers l’invocation musicale et spirituelle de Ba Hmad, la performance rituelle apparaît comme une archive vivante : elle conserve et transmet une mémoire collective, marquée notamment par l’histoire coloniale et postcoloniale.
« Sirdab » – Sireen EL ARAJ
« Sirdab » est un fanzine numérique et une plateforme qui explore des thèmes académiques complexes à travers un mélange d’art, d’écriture et de multimédia, avec pour objectif de rendre des sujets théoriques lourds plus accessibles et engageants. Le premier numéro tourne autour de l’auto-orientalisme, en examinant comment l’identité peut être façonnée, performée et intériorisée à travers des récits et des attentes externes. Ce thème pose les bases du projet, où chaque futur numéro se concentrera sur un concept différent, abordé à la fois par des pratiques critiques et créatives
« Habiter les langues, résister aux silences » – Olfa BOUARGOUB
Habiter les langues, résister aux silences est un projet qui explore les thèmes de la double culture, de la ré-appropriation linguistique et de la mémoire diasporique à travers un dialogue entre texte, images et son. Il s’agit de créer une œuvre hybride: une installation vidéo où les mots, les images et les sons se côtoient pour révéler des réalités souvent invisibles et ouvrir un dialogue sur les enjeux des droits humains en Méditerranée. Quelles sont ces vécues et leurs diversités ? Comment sont-ils perçus ? Sont-ils perçus ?
Les artistes et créateur·ice·s, par lieu – L’Atelier Rafale
« Anthropomorphic City » – Vanessa ABDELAAL
Tajseed Madina « Une ville anthropomorphique » explore la relation entre l’individu et une ville qui ne cesse de résister. Inspiré par l’éloignement de la cinéaste de Beyrouth lors des violations israéliennes de 2024, ce film pose la question suivante : comment les artistes peuvent-ils résister dans l’absence ?En tant que citoyenne non libanaise appartenant à un lieu qui la rejette, le Liban, cette œuvre rend hommage aux artistes citoyen.ne.s et non citoyen.ne.s libanais.e.s qui continuent d’aimer, de résister et de créer à Beyrouth, ainsi qu’à la diaspora libanaise contrainte de s’en détacher.
« A la recherche du reste du pays » – Youcef SENOUS
« À la recherche du reste du pays » est un projet photographique, vidéo et sonore qui cherche à comprendre l’Algérie contemporaine en allant à la rencontre d e celles et ceux qu’on ne voit jamais : les vies ordinaires, les gestes discrets, les mémoires silencieuses. Après avoir documenté l’énergie du Hirak, l’artiste s’intéresse ici à ce qui demeure une fois les foules dispersées – les transmissions fragiles, les fractures générationnelles, les réalités socio-économiques du quotidien.
« Unshipped » – Olga SOUVERMEZOGLOU
« Unshipped » constitue un cadre conceptuel et méthodologique destiné à étudier la violence contemporaine, la mémoire et les formes de résistance, en prenant la question palestinienne comme point de départ pour s’étendre à des conditions géopolitiques et sociales plus larges. Le titre fait référence à la fois aux cargaisons d’armes qui n’ont jamais été livrées, en raison du refus des dockers français et grecs de participer à la machine de mort, et à l’aide humanitaire qui n’est jamais parvenue à Gaza, révélant ainsi la violence de l’abandon.
« The People of Wad Shaaba : Craft, PLate and Place » – Khalid BOUAALAM
Ce projet explore les liens entre l’histoire de la céramique et les études géographiques au Maroc au XIXe siècle et au début du XXe siècle, en examinant comment ces histoires continuent de façonner le présent. À travers l’œuvre intitulée « La carte verte de Wad Cha’ba », le projet réécrit la géographie en cartographiant l’histoire céramique de Wad Cha’ba, un cours d’eau de Safi qui porte en lui plus de 500 ans de traditions potières. À l’aide de carreaux de céramique, de recherches d’archives et de fouilles personnelles, l’œuvre s’interroge sur la manière dont les connaissances géographiques coloniales ont croisé l’artisanat marocain et sur les systèmes de pouvoir qui ont façonné ces récits. Ensemble, ces œuvres interrogent la possibilité de réparer des histoires et des géographies endommagées par l’artisanat, révélant des blessures écologiques, culturelles et sociales tout en imaginant de nouveaux récits de résistance.
Les artistes et créateur·ice·s, par lieu – Le Plan de A à Z
« Rak Bent (You are a girl) – Asmaa BASHASHAH
« Rak Bent » est une expression couramment utilisée dans le dialecte libyen pour rappeler à une fille les limites qui lui sont imposées simplement parce qu’elle est une femme. Le projet explore le droit des femmes libyennes à la ville, en se concentrant sur Benghazi, un espace façonné par des valeurs sociales profondément enracinées qui régissent la présence des femmes dans l’espace public. À travers une série de peintures à l’huile combinées à des techniques mixtes, l’œuvre explore les frontières visibles et invisibles qui façonnent les mouvements, la liberté et le sentiment d’appartenance des femmes dans l’environnement urbain.
Une proposition des Instants Vidéo Numériques et Poétiques, du REF – Réseau Euromed France, du CIHRS – Cairo Institute for Human Rights Studies et de la Ligue de l’enseignement des Bouches-du-Rhône, dans le cadre du projet Tae’thir. Pour plus d’informations sur le projet Tae’thir, cliquez ici et ici.

